Travailler ensemble c’est bien….
                                
Se connaître c’est mieux.

 CEC Magazine : Vous vous présentez comme un artisan du voyage plutôt qu’un voyagiste, en quoi votre conception du voyage est-elle différente de celle des autres ?

Simon VERMOT
 : Je revendique avec plaisir et fierté ce titre d’artisan du voyage. Sur le site de la Cité du Voyage, en bas de chaque page www.cite-du-voyage.com figure un sablier en mouvement : ce sablier c’est moi, c’est le signe du temps qui s’écoule où l’artisan  fait et refait à toute heure pour mettre du bonheur quelque part : pourquoi pas dans la préparation d’un voyage. Le voyage a été pendant 30 ans mon pain quotidien, on démarre dans ce métier avec un BTS de tourisme quand à moi, j’ai démarré avec une licence de théologie, ça décoiffe un peu vous ne trouvez pas ?

Notre structure ne s’est jamais agrandie depuis 30 ans avec 3 salariés car l’artisan a horreur des structures, il préfère créer que gérer, il créé par plaisir et gère par obligation et  s’il ne crée plus il commence sérieusement à vieillir. Vous m’avez demandé en quoi je me différencie  du tourisme en général. La différence est énorme avec un voyagiste qui  revend une production déjà faite par un autre tour opérator, en général un tourisme doré sur le sable chaud (85% des français en 2001)  Les besoins étant différents, il faut des formes de voyages différents, mais je peux affirmer que les hommes et toutes les femmes au monde ont davantage besoin de rencontre, de convivialité  que de sable chaud. Cette marée humaine  vers les plages et les cocotiers ne m’ont pas empêché de créer mon tourisme à moi : celui que j’aime et  qui  est tout simplement un monde de convivialité. Je ne suis pas un philosophe, mais existe-t-il du bonheur en dehors de la rencontre ou de la relation à quelqu’un  ou quelque chose ? Donc le vrai voyage : c’est rencontrer et partager. Excusez moi pour cette question qui en fera sourire plus d’un, mais traîner sa solitude dans des hôtels de luxe ou dans des paysages paradisiaques n’a vraiment rien d’excitant.!  que de bonheur dans les choses simples de la vie ! que de gain de temps dans le « parler vrai » ! que de bonheur dans la dégustation d’une bière caramélisée lors d’un petit marché de Noël ! le dialogue s’installe, on  n’a même plus la force de faire semblant, de paraître , et je connais des responsables C.E. notoires qui s’y sont laissés prendre et qui n’ont aucun  regret. Bravo et à la prochaine ! Apprendre à voyager c’est apprendre la simplicité dans un monde qui est une véritable comédie. 

Puisque vous m’avez demandé la différence entre un artisan et un voyagiste je voudrais me résumer :
1.      Le voyagiste est un vendeur, l’artisan est un conseilleur.
2.      Le voyagiste se réalise à travers son chiffre d’affaires, l’artisan à travers son travail.
3.      Le voyagiste vend et revend en toute saison, l’artisan fait et refait à toute heure.
4.      Le voyagiste se prépare à une structure 3 fois plus grande, l’artisan construit une œuvre qui dure 3 fois plus longtemps.

Fidèles à cette philosophie de création depuis 32 ans, nous sommes aujourd’hui plus sereins et regardons l’avenir avec confiance  grâce à une nouvelle demande des C.E.  vers un tourisme plus simple, vers des programmes à dimension humaine : ça s’appelle : regarder les choses de près. Choisir des programmes sans prétention mais plein de bonheur. Beaucoup sont revenus d’une politique « toujours plus haut – toujours plus loin » : faire un peu de social à travers un tourisme de proximité et de convivialité ne fait de mal à personne.

CEC Magazine
: Face au déferlement du « j’ai trouvé moins cher ailleurs » quelle est votre position en matière de prix ?

Simon VERMOT
 : Nous n’avons aucune solution et aucune porte de sortie dans la guerre économique actuelle face à une concurrence où on ne compte plus les faillites. Notre métier est un métier sinistré.

Lorsqu’on rentre dans mon bureau et qu’on me demande si je vais bien, c’est bien de la santé financière de La Cité du Voyage dont on parle et non de ma propre santé. Donc tout le monde est inquiet et les responsables C.E. s'interrogent toujours discrètement sur la  bonne santé financière d’une agence  avant de s’engager dans une nouvelle collaboration. Soyons humbles,  pendant 32 ans la survie de mon agence a toujours été fragile,  Le bateau n’a jamais sombré et pas une seule personne n’est restée sur le trottoir. Je puis affirmer qu’au milieu de l’hécatombe des faillites, des rachats, des redressements judiciaires et de la concurrence déloyale et illégale, c’est un exploit : ceux qui ont travaillé dans ce métier savent de quoi je parle. Alors « faire moins cher qu’ailleurs » n’est qu’un slogan publicitaire, un piège à l’intention des nouveaux  responsables C.E.